Octobre 2019
Once Upon A Time... Feat. Amelia

Supernatural - Darkest Hour

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Geralt Flintch
Geralt Flintch
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MessageSujet: Once Upon A Time... Feat. Amelia
Lun 19 Aoû - 4:51
Once Upon A Time
La nuit était déjà bien entamée et suffisamment fraîche pour obliger les gens tenant un tant soit peu à leur santé à sortir avec un second vêtement au-dessus du premier. Quelques prostituées avaient encore les gambettes à l’air et bien que la lumière des lampadaires soient faibles, ces femmes baignaient dans la douce lumière de la pleine lune trônant fièrement dans le ciel nocturne. Dans un coin sombre, tout près de l’une d’elle, un bourgeois était en train de se faire voler par une petite frappe armée d’un couteau tandis qu’une des putes observait la scène de manière désinvolte comme si elle était habituée à un tel spectacle.
Tout ceci ne me concernait guère mais je me trouvais cependant dans cette rue que d’aucuns considèreraient comme peu fréquentable. J’étais dans le seul bâtiment d’où s’échappait encore de la lumière, situé au milieu de la rue, entre deux lampadaires investis par deux vieilles hyènes exerçant le plus vieux métier du monde depuis beaucoup trop longtemps. La porte de ce qui était un bar était lourde et les vitres opaques ne dissimulaient ni les rires ni l’agitation qui en provenait. D’informes ombres humanoïdes agitaient leurs bras dans les airs, tendant vers une ombre plus grande encore, perchée sur l’une des tables du petit bar. Le barman ne protestait pas. Il était aussi jovial derrière son comptoir que la foule qui observait l’ombre de la table.
Un homme se faisait voler dans une ruelle adjacente, les putes attiraient les malheureux entres leurs jambes, la nuit était fraîche et la lune était pleine… Et moi, j’étais debout sur une table et j’avais déjà descendu le premier litre de bière…

**************************************************************

Bien qu’il fasse froid à l’extérieur et que je savais que ce petit bar, qui ne m’était pas étranger, possédait un système de ventilation vaguement fonctionnel j’étais en train de dépérir sous la chaleur moite du lieu. La sueur coulait sur mon visage et s’incrustait dans mon dos et mon cou. Peut-être était-ce parce-que j’avais bu plus que nécessaire ou bien peut-être était-ce parce-que je m’agitais tel un singe, dansant presque à cloche pied sur l’une des solides tables en bois disséminées un peu partout dans le bistrot… Ou peut-être était-ce les deux ?
Cet impitoyable et pernicieux adversaire ne m’arrêtait pas pour autant ! Je continuais à gesticuler, pinte de bière à la main, avalant de grandes gorgées des verres que l’ont m’offrait, hurlant à tue-tête pour couvrir le brouhaha général des personnes commentant mon histoire avec entrain. Ils hurlaient tantôt pour remettre en cause la véracité de mon récit, tantôt pour faire preuve de leurs admirations mais que ce soit pour l’une ou l’autre des causes c’était toujours avec une joie prononcée qui ne laissait pas de place à l’animosité. Tous m’écoutaient tels des enfants turbulents qui écoutent attentivement une fable tout en y participant activement.

« … Et là, mon camarade d’infortune vietnamien m’extirpe de la boue que j’avais déjà jusqu’aux genoux ! Jamais diantre, Ô grand jamais, je n’ai autant eu envie d’embrasser un homme que ce Viet ! »

« Tu as pactisé avec l’ennemi ! Il fallait lui tirer une balle dans la tête ! » Protestait un jeunot

« C’est faux ! Ce bridé est un héros ! Il lui faut une médaille ! » répliquait un vieillard

« Il n’y a, dans ce genre de situation, à savoir quand vous êtes égaré dans une hostile jungle vietnamienne en pleine période de guerre, plus d’ennemis et encore moins de médailles. Il ne faut pas tuer quand la situation ne l’exige pas et il est discutable de le faire au nom d’un pays. J’ai tué ses compatriotes, lui a tué les miens. Mais nous savions tout deux qu’aucuns n’avaient eu le choix et que, de toutes manières, sans entraide mutuelle nous allions tous deux trépasser. Mon camp était plus proche, alors c’était naturellement le chemin le plus évident ! »


« Et que s’est-il passé après ?! »

« Grâce à lui, nous avons pu sortir de cet enfer. Mes camarades m’ont retrouvé et lui fut fait prisonnier. Quand la guerre prit fin, il regagna sa liberté et il continue aujourd’hui à m’envoyer régulièrement des lettres pour me remercier. C’est devenu un vrai ami ! »

« C’est une bien belle histoire que voilà ! Une fable qui finit beaucoup trop bien ! En as-tu une autre vieux fou ? Une vraie cette fois ! »

« Pour sûr. Mais il va falloir que je fasse une pause. Je dois m’humecter le gosier. »

Mon public protesta brièvement tandis que je descendis maladroitement de mon perchoir. Ils me connaissaient et savaient que j’allais reprendre mes pitreries aussitôt le nouveau litre de boisson descendu. Je n’avais d’ailleurs même pas à m’embêter de sortir mon portefeuille qu’un brave anonyme avait déjà payé ma consommation qui m’attendait à ma place habituelle, au bout à l’angle du comptoir, afin d’avoir bien en vue la porte d’entrée du bar. Je m’asseyais donc près d’un dos féminin que je ne prenais même pas la peine de dévisager : les femmes ce n’était plus de mon âge surtout quand elles n’avaient pas le dos voûté. J’attrapais donc mon litre de bière et, au lieu de verser le contenu du pichet dans mon verre 50cl, je buvais directement à ce dernier en siphonnant un quart du contenu. La mousse tapissait désormais ma moustache me donnant un air que l’on pourrait qualifier ‘’aux antipodes de sérieux’’. J’eus un petit rire guttural avant de m’adresser à la femme à mes côtés. Je ne savais même pas si elle m’écoutait mais j’avais besoin de soulager ce que j’avais sur le cœur après cette longue histoire.

« Je jure sur la sainte pelle que l’histoire que j’ai contée est véritable. J’ai cependant en effet embelli la fin mais les histoires sont faites pour donner de l’espoir pas vrai ? La vérité c’est que mon ami vietnamien, une fois fait prisonnier, s’est fait torturer pour des renseignements par ma hiérarchie sans que je puisse y faire quoique ce soit. J’ai tenté de le libérer mais je me suis fait attraper. On m’a mis au cachot le temps de l’interrogatoire en guise de pénitence. Quand je suis sorti son cadavre pendait au bout d’une corde. Son visage n’était plus qu’une surface tuméfié et ses ongles ainsi que ses bourses ; et je ne parle pas de son portefeuille ; manquaient à l’appel… Il ne m’a jamais envoyé de lettres. Les morts n’envoient pas de lettres. Encore moins les morts que l’on a abandonné. »

acidbrain
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Humain

Amelia St-James
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MessageSujet: Re: Once Upon A Time... Feat. Amelia
Lun 19 Aoû - 21:15
‘’Pitié Daniel! Si tu ne viens pas, je vais me retrouver toute seule avec… (Je m’arrêtais aussitôt de parler aussi fort, lançant une œillade autour avant de cacher ma bouche du téléphone dans l’espoir un brin idiot qu’on n’entende pas mes paroles) avec les filles de la bibliothèque, je vais mourir d’ennuie.’’

Je n’étais pas une mauvaise personne, ni les filles que j’accompagnais d’ailleurs! Juste que ce n’était pas les filles qui aimaient le plus s’amuser sur terre. À vrai dire, je ne savais même pas pourquoi elles m’avaient invitées, ni même pourquoi elles voulaient sortir dans un bar. J’étais la plus bavarde de toutes, certes! Mais parler seule durant une soirée complète? Ça allait rapidement devenir long. Déjà, je soupçonnais l’une de mes collègues de travail d’avoir un petit œil sur mon meilleur ami. Même si je lui ai dit maintes fois qu’il était gay. N’empêche, il charmait Daniel auprès des filles même si son attirance était toujours vers les hommes. Depuis toujours. D’ailleurs, ce dit Daniel, censé être mon meilleur ami, qui me laissait tomber ce soir! Il avait des arguments de poids. Son copain était retour de voyage, il lui avait manqué et blablabla. Mais pourquoi j’en avais pas moi de copain pour pouvoir me sortir de ce pétrin social?

‘’Okay, okay! Mais la prochaine fois qu’on fait une soirée Netflix, c’est moi qui choisis la série. Bon, profite de ta soirée.’’

Et même s’il me retorqua la même chose avec une voix espiègle, je me disais que j’allais pouvoir faire un effort. Ce n’était pas sorcier. Je les aimais ces filles sur mon lieu de travail…

Et.

Puis.

Non.

La soirée était aussi interminable que je l’avais prévue. J’avais tenté d’apporter plusieurs sujets de conversation, j’avais ri à des blagues pas drôles. Je ne comprenais pas pourquoi elles avaient eu envie de faire ça. Bref, qu’est-ce qu’on pouvait y faire hein? Les filles voulaient partir. Bonne idée. Puis au moment où on s’apprêtait à sortir, un homme grimpa sur sa table en se mettant à parler.  À raconter plutôt. Oui, il racontait. Mon regard se braqua sur ce dernier, un mince sourire naissant sur mes lèvres alors que je le remerciais silencieusement d’égayer un peu ma soirée! Mes collègues levèrent les yeux au ciel, mais si elles voulaient partir, je n’en avais plus envie. Je les saluais rapidement avant de me dénicher une place de choix pour le spectacle, je m’asseyais au bar directement.

Mes yeux se promenaient entre les gens qui semblaient être des habitués de ce bonhomme si bon conteur. Je ne pouvais pas détacher mon sourire, c’était beau. J’aimais ce genre de moment tout à fait particulier. Ça sortait de la vie ordinaire. Et puis quel conteur! Je l’écoutais comme si toute ma jeune vie dépendait de son récit. J’étais seule maintenant dans le bistro et pourtant, nous étions une communauté à s’abreuver de l’histoire de cet homme. Mon sourire ne fit que s’attendrir à la fin de ses mots. Mes connaissances historiques semblaient vouloir me dire que cette fin était romancée. Que c’était inventée. Mais mon grand cœur me poussait à croire que c’était possible. J’étais loin de savoir que j’allais avoir la réponse bientôt.

Je pivotais de mon tabouret pour commander un bon cidre au barman. Je n’aimais pas la bière, c’était trop amère et le goût de levure ou de je ne sais pas quoi ne me plaisait pas. Pour le vin, je n’avais clairement pas le palais assez développé pour me délecter des aromates. Un bon cidre. Ça c’était une bonne boisson. On s’asseya près de moi, bon j’étais au bar, rien de plus naturel. J’allais pivoter, juste pour lancer un coup d’œil à mon nouveau voisin, mais ce dernier au même moment se mit à parler. C’était ce fabuleux conteur! Je me sentis presque privilégier qu’il me parle, comme quand on allait à un spectacle et que l’artiste nous invite dans sa prestation. De plus près, je pus voir ses traits en même temps qu’il me racontait la vraie fin. C’est triste à dire, mais cela ne me surpris pas. J’aurais dû m’en douter. Cependant, je voyais derrière ses traits tirés d’homme d’âge mur, derrière tout ce que la vie lui avait fait subir, qu’il avait besoin de se confier un brin. Mon sourire s’était effacé durant son récit. Pourtant, il revint tout gentiment à la fin de ses mots, je tournai sur mon tabouret pour être vers lui.

‘’Je ne pense pas que vous l’avez abandonné. Vous venez de le dire vous-même, on vous avait emprisonné. (J’étais douce dans mes mots, tout en continuant de le regarder. Mes yeux respiraient la gentillesse pour cet homme qui aurait sûrement pu être mon grand-père) Et puis vous vous servez de cette histoire pour donner de l’espoir. C’est une belle chose. Et une belle histoire ! Je ne peux clairement pas comprendre tout ce que la guerre peut faire vivre, mais vous la raconter de la plus belle façon qui soit.’’

Peut-être que je me mêlais de quelque chose qui ne me regardait pas. Qu’il allait me trouver extrêmement naïve, mais ça avait été plus fort que moi. La vraie fin était terriblement triste autant pour le Vietnamien que pour le survivant devant moi. Je trouvais cela très courageux de sa part de raconter encore cette histoire aujourd’hui. Alors qu’elle devait lui ramener toujours cette terrible fin. Si donner une bonne raison d’être à son récit pouvait apaiser ses tourments, je voyais cela comme une bonne chose.
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Geralt Flintch
Geralt Flintch
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MessageSujet: Re: Once Upon A Time... Feat. Amelia
Mar 20 Aoû - 10:02
Once Upon A Time
La jeune femme m’écoutait bel et bien finalement. Elle tentait, à sa manière un peu naïve, de me réconforter sur cette période sombre de ma vie tout en me complimentant sur mes qualités de conteurs. Je décidais de ne garder que le meilleurs de ses propos et me fendait d’un rire sonore et guttural qui fit s’en retourner plus d’uns, ils espéraient probablement que je me remette à fabuler sur les folles aventures de ‘’Don Flintch’’ mais j’allais devoir décevoir leurs espérances. Je portais la cruche de bière à ma bouche pour bien faire comprendre que je n’avais pas encore l’intention de clowner un lieutenant américain bête comme ses pieds, me réprimandant mon père et moi des nombreuses pitreries que nous avions put faire au Vietnam pour détendre l’atmosphère qui y était alors beaucoup trop tendue.
Je me râclais le fond de la gorge avant de répondre à la damoiselle.

« Ouahaha ! Il est bien vrai que je m’autoproclame aussi comme étant un fabulateur d’une grande qualité ! Quand je parle, j’ai l’impression que vous êtes tous des enfants ! »

« Mon cul ! Tu pourrais être mon fils ! » hurla le vieillard de tantôt. J’explosais de rire avant de reprendre.

« Cependant… ‘’Raconter la guerre de la plus belle des façons qui soit’’ n’est pas vraiment un terme exact. Il n’y a rien de beau à raconter la guerre, parce-que la guerre n’a rien de beau. Ce qui est beau, c’est la bravoure d’hommes qui ont été envoyés à la mort sans qu’ils aient demandé quoique ce soit, ceux qui ont sauvé l’ennemi comme l’ami, ou encore ceux qui y ont prit part sans en avoir l’obligation. Des gens comme Schlindler par exemple. La guerre ramène à la surface le pire de la nature humaine mais pour contrecarrer les plans du malin, elle fait aussi ressortir le meilleur de certains. Malheureusement, ce n’est pas souvent les gentils qui gagnent ! »

« L’Amérique ce sont les gentils ! Et ils gagnent ! » Protestait déjà le même jeune garçon que tout à l’heure.

« L’Amérique s’est construite sur le cadavre encore fumant des populations indigènes massacrées sans le moindre remords. Elle a défiguré à jamais le paysage en apportant démocratie et technologie ; dois-je vous rappelez Hiroshima et Nagasaki ? Alors que la guerre était supposément finie ? »


Il se tût. Il n’avait pas les mots pour protester et quand bien même il les aurait eus, il n’aurait fait que s’enfoncer dans un débat stérile entre patriotes américains et anti-américains. Mon téléphone reçut alors un appel et se mit à vibrer. Je raccrochais. Il sonna encore. Je raccrochais à nouveau. Il sonna de nouveau. Je l’enfouis dans ma poche et l’ignorais. Le barman me jetait un coup d’œil curieux alors que je lui offrais un regard entendu. Il décrochait alors de sous le bureau une fine couverture couvrant un objet mince et long. Il était impossible de voir ce qu’elle contenait car elle était scellée par trois gros cordages : un au milieu, les autres aux extrémités. Je récupérais l’objet et le plaçait près de moi en remerciant ce dernier d’un hochement de tête. J’en revenais à la gamine de tout à l’heure que l’un des saoulards approchait discrètement dans le but très probable de lui faire la cours. Vu qu’il possédait plus d’alcool que d’hémoglobine dans les veines, je pestais avec l’œil sévère en sa direction comme ont chasserait un chat et ce dernier fila sans demander son reste… Ou plutôt il eut un mouvement de recul le faisant choir lourdement sur le parquet du bistrot provoquant ainsi l’hilarité générale. Je souriais à la jeune dame avant de lui tendre ma main droite.

« J’ignore si tu acceptes de serrer la main à un tueur, mais je suis Geralt Flintch. Je me produis souvent ici. On peut presque dire que c’est chez moi ! » le barman renifla fortement et avec dédain. Il me faisait comprendre indirectement que je passais plus de temps dans son bar que chez moi. Mais il blaguait. J’étais bon pour ses affaires. « Avec la conjoncture économique actuelle je ne peux pas me permettre d’être à la retraite je… Je fais des petits boulots divers et variés pour survivre. C’est rare de croiser d’aussi jeune, et surtout jolie, fille dans ce trou à truands ! Qu’est-ce qui t’amènes ici ? »

acidbrain

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"Je ne suis pas un héros, je ne l'ai jamais été et ne le serai jamais. Je suis juste un vieux tueur"
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Humain

Amelia St-James
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MessageSujet: Re: Once Upon A Time... Feat. Amelia
Jeu 29 Aoû - 12:16
Once Upon a Time

C’est vrai que j’étais naïve, mais tellement pleine de bonnes intentions! La guerre, ce n’était pas beau. Sauf qu’on ne pouvait pas l’ignorer quand même. Je ne vis peut-être pas tout cela dans le regard de mon interlocuteur, mais son rire me fit rire aussi. Un rire un peu retenu, comme si j’avais peur qu’il pense que je me moquais mais non! Il était contagieux ce rire!  Mon regard alla au reste de la salle. C’était un rassembleur le bonhomme quand même! C’était beau de voir la hâte dans les gens de tous les âges pour l’entendre raconter encore une autre de ses histoires. Mon sourire se fit un peu plus attendrit par ses mots… avant que je ne retourne à un rire par le commentaire du vieil homme dans la salle. Mon attention revint quand même vers mon interlocuteur principal quand il se remit à parler. Je devins sérieuse. Écoutant avec une attention digne d’une gamine tout ce qu’il disait. Comme s’il était un puit de savoir inépuisable. Même lorsqu’il se fit encore interrompre, mon regard resta sur lui, quelques secondes. Absorbant ses mots, même si je ne pu me retenir de lancer un regard au jeune homme un peu ignorant. J’étais d’accord avec ce que le conteur disait. L’Amérique, plus précisément les États-Unis si on voulait diviser un peu, avait le don d’arriver au moment opportun pour faire bonne figure. Non, on ne pouvait pas dire toujours de belles choses de ce pays.

J’allais pour poser une question, mais son téléphone sonna. Vilaine curieuse que j’étais, j’observais la suite. Parce qu’il sonna bien plus d’une fois. Ma curiosité me poussa à vouloir poser une autre question, bon, fallait pas que je m’attire des ennuis non plus, mais son regard devint un peu plus sérieux, je suivis alors son attention sur le gars qui se dirigeait visiblement vers moi. Vraiment, je devais applaudir sa débrouillardise parce qu’il ne semblait clairement pas en état de marcher droit, d’autant plus qu’à l’avertissement silencieux de mon voisin, il alla s’écraser au sol. Je couvris ma bouche pour cacher mon amusement, retournant ensuite vers l’habitué du bar, voyant sa main droite tendue vers moi. Sans la moindre hésitation j’allais la serrer avec chaleur, mon sourire revenant sur mes lèvres, oubliant quelques instants ma curiosité pour l’écouter se présenter. Je notais naturellement son accent. J’adorais les accents. Enfin, ce n’était pas très original, mais on fait avec ce qu’on peut. Je souriais un peu plus doucement à son compliment avant de répondre en lançant une œillade au reste de l’endroit.

‘’En fait, c’est totalement par hasard. J’étais avec des collègues de travail il y a quelques minutes. C’est l’une d’elle qui a eu l’idée de venir ici. Je ne connaissais pas avant! Si vous vous produisez ici souvent, je vais revenir! J’adore comment vous raconter et puis le cidre est vraiment très bon.’’

Je lançais ainsi un regard au barman comme pour le complimenter en même temps. Je devais avoir l’air d’une petite fille naïve dans un bar qui ne lui ressemblait pas. Mais tant pis, j’étais déjà là et rien n’arrive pour rien dans la vie non? Je repris ensuite pour Geralt.

‘’Oh! Et je m’appelle Amelia. (Quel oubli idiot quand même, il allait regretter de m’avoir parlé) En fait, j’étudies en ce moment pour enseigner l’histoire. C’est pour ça que je ne suis pas partie en même temps que mes collègues, vous avez vraiment attiré mon attention. Il n’a pas de livres ou des enseignants sans expérience comme la vôtre qui peuvent raconter aussi bien. J’ai voyagé un peu avant de me lancer dans mes études et mes plus beaux souvenirs sont toujours reliés à des gens qui ont su me parler d’eux. C’est vraiment fascinant.’’

Ce que je pouvais en dire des choses quand même. Il portait à la confidence, à la conversation le Gege. Il se livrait tellement ainsi devant tous les autres que ça avait été naturel pour moi de lui expliquer mon intérêt, tout aussi sincèrement que je pouvais avoir l’air d’une gamine à ses yeux. Au final, j’en étais peut-être encore une! Je n’avais pas tout ce bagage lourd que lui pouvait avoir. Et ça comptait encore plus que les années de vie.

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Geralt Flintch
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MessageSujet: Re: Once Upon A Time... Feat. Amelia
Mer 11 Sep - 9:46
Once Upon A Time
—En fait, c’est totalement par hasard. J’étais avec des collègues de travail il y a quelques minutes. C’est l’une d’elle qui a eu l’idée de venir ici. Je ne connaissais pas avant ! Si vous vous produisez ici souvent, je vais revenir ! J’adore comment vous raconter et puis le cidre est vraiment très bon.

Elle lançait ainsi un regard au barman comme pour le complimenter en même temps. Elle reprit ensuite à mon intention :

—Oh ! Et je m’appelle Amelia. En fait, j’étudies en ce moment pour enseigner l’histoire. C’est pour ça que je ne suis pas partie en même temps que mes collègues, vous avez vraiment attiré mon attention. Il n’a pas de livres ou des enseignants sans expérience comme la vôtre qui peuvent raconter aussi bien. J’ai voyagé un peu avant de me lancer dans mes études et mes plus beaux souvenirs sont toujours reliés à des gens qui ont su me parler d’eux. C’est vraiment fascinant.

Je passais ma main gauche dans ma nuque puis grattais l’arrière de mon crâne, gêné par les compliments visiblement sincères de la jeune fille. Habituellement, mon public se limitait à des personnes ayant dépassé la trentaine avec un coup de trop dans le nez. Je souris à nouveau à mon interlocutrice.

—Eh bien ! hurlais-je bruyamment, enchanté Amelia ! Une étudiante en histoire ! Voyez-vous ça ! Un métier bien compliqué que celui de l’histoire ! Tu sais, en y repensant je…

La porte d’entrée du bar claqua. Trois hommes entrèrent. Ils portaient des vêtements sombres beaucoup trop strict pour des gars qui venaient se détendre autour d’une bonne bière. Celui qui semblait être le chef balaya la pièce du regard avant de s’arrêter sur ma grosse barbe qui était, je le reconnais, un peu ma signature. Mon cœur se serra dans ma poitrine quand je le vis approcher à toutes jambes et que ses gorilles lui emboitaient le pas. C’était un bel homme, jeune, cheveux brun coupé court à l’apparence entretenue quoiqu’un peu pédant. Je le connaissais bien, et je n’avais pas envie de le voir… Pas ce soir. Je pris une position plus flexible, de sorte à pouvoir bouger plus facilement en cas de pépins. Il s’arrêta à une chaise de moi, il restait debout, juste à côté d’Amelia tout en ignorant cette dernière. Il haletait et sa locution était hâtive.

—Geralt. Tu ne sais donc pas ce qu’un téléphone ? Je tente de te joindre depuis…
—Douze minutes. Je sais ce qu’un téléphone Yves. Douze minutes.
—Tu as donc sciemment ignoré ces derniers ? Tu sais que…
—Pas maintenant, Yves.
—Geralt…
—Pas. Maintenant. Yves.

Mon ton était sec. Assassin. Mon regard était devenu dur et mauvais. Les yeux du jeunot l’avait bien compris et je pouvais sentir la peur parcourir son échine. Il avait un profond respect pour moi et c’était un bon gars… Qui avait de mauvaises fréquentations. Il tenta d’articuler de nouveaux mots mais j’y coupais court en reprenant là où il m’avait coupé :

—J’adore l’histoire, articulais-je méticuleusement, je pense que si la vie ne m’aurait pas joué de vilains tours, je serais devenu professeur de cette matière d’ailleurs. Dis-moi, Amelia, qu’est-ce qui t’a poussé à…
—River Market, me coupa Yves.

J’arrêtais de discuter avec Amelia mais mon regard était toujours fixé sur elle. La bouche grande ouverte je tentais de garder mon calme alors que la colère montait en moi. Ceux qui avaient entendu Yves prononcer les fameux mots ‘’River Market’’ regardaient désormais dans notre direction. Evidemment. Tout le monde n’avait que ces mots là à la bouche. Qui n’avait pas encore entendu parler du fameux massacre de River Market où hommes, femmes et enfants avaient été massacrés de la plus cruelle des manières ? Brûlés vifs, égorgés, décapités… Pour certains, empalés… Surtout des femmes d’ailleurs pour ce dernier supplice. L’armée, les forces de l’ordres, les détectives privés et même le gouvernement étaient en effervescence à la suite de cet évènement sans précédent. On ne savait pas vraiment ce qu’il s’était passé, mais de ce que le public en sait ce serait l’œuvre de quelques outsiders anarchistes belliqueux. Bien sûr je n’en croyais pas un mot. La vitesse du massacre, la coordination et la force nécessaire à une tel entreprise devait nécessiter des centaines de personnes prêtes à exécuter les pires exactions possibles. Or, l’on savait aussi que les auteurs avaient tout bonnement disparus de la circulation et je savais, par expérience, qu’il était impossible même pour une troupe de soldats confirmé, de disparaitre aussi rapidement en étant aussi nombreux. Pour moi, cet affaire tenait presque du surnaturel… Mais le surnaturel, ça n’existe pas.
Je jetais un regard noir à Yves. Il n’en démordait pas. Le sien était intense, sévère et grave. Je savais ce qu’il allait me demander. J’avais effectué mon dernier assassinat il y a une semaine de cela, et j’avais empoché suffisamment d’argent pour être tranquille quatre mois durant. Je ne tenais pas à tuer pour vivre dans l’opulence.

—Non Yves. Je ne t’aiderai pas.
—La fille du chef est morte là-bas.

L’air devint plus lourd qu’il ne l’était encore. La quasi-intégralité du bar nous regardait désormais, curieux d’avoir des renseignements inédits et autres ragots sur l’incident de River Market. Je n’avais plus envie de chasser Yves, et je regrettais de devoir faire fuir Amelia, parce-que c’est probablement ce qu’elle allait faire. Mais ce qu’il venait de dire… J’en faisais une affaire personnelle.

—Harmonie est…
—Elle était à River Market avec son petit ami lorsque…
—Je ne peux pas…
—Geralt. C’est une zone sinistré. Personne n’ose y aller puis le gouvernement bloque les routes. Tu connais la géographie des lieux mieux que quiconque… Tu pourrais…
—Je n’enquêterais pas Yves. Même pas pour ‘’lui’’.
—Ce n’est pas ce qu’il te demande…
—Ah ?

Je prenais un air sérieux, non pas pour le dissuader de continuer, mais pour lui faire comprendre que j’étais tout ouïe. Si ce qu’il avait à me demander ne concernait pas une enquête survit d’un meurtre, alors j’allais peut-être être disposé à coopérer pour quelques dollars… Après tout, je connaissais la gamine. C’était une jolie fille dans la vingtaine, peut-être de l’âge d’Amelia, pleine de vie et toujours prompte à venir en aide. Yves reprit, la voix tremblotante :

—Le temps de l’enquête, les lieux doivent êtres laissés tel quel… Ce qui veux dire…
—Que les cadavres sont encore là. J’ai fait la guerre Yves. Continue.
—Le chef redoute que sa fille, reprit-t-il en ayant du mal à articuler, ne soit perchée nue au sommet d’un pal. Il veut juste… La récupérer… La rendre belle pour la terre avant que les corbeaux… Geralt… Je t’en prie…

La joie, les hurlements et l’alcool avaient disparus. Tout le monde portait désormais une sorte de deuil et il était sûr que parmi ceux qui se tenaient dans cette pièce, certains avaient perdus un être cher à River Market. Yves, ce fils de salaud, venait de gâcher ma soirée de beuverie. Il allait me le payer très prochainement. Il allait devoir passer son salaire à me payer les meilleurs bars d’Amérique suppléments escort girl. Je me levais, agrippais la couverture que m’avais passé le barman tantôt. Je souriais tristement à Amelia.

—Désolé jeune fille. Les belles histoires, ce sera pour une autre fois. Pour l’heure, je dois combattre l’ignominie et la tristesse de la réalité car, dans la réalité, rien ne ressemble aux histoires.

J’en venais enfin à Yves.

—‘’Il’’ ne me doit rien. Cette gamine…

Je reniflais bruyamment puis essuyais une larme discrètement dans le coin de mes yeux avant de reprendre.

—Je vais la ramener Yves. Juste la ramener d’accord ? Rien d’autre.
—Ramène là Geralt. Ramène là.

Je le dépassais, il me donna une tape sur l’épaule alors que je me dirigeais vers la sortie puis, il éclata en sanglots discret… C’est qu’il l’aimait depuis plus d’une dizaine d’années la gamine. Secrètement, sans jamais faiblir. Désormais, il ne pourrait plus jamais lui dire ce qu’il ressentait. Plus jamais.

acidbrain


A destination de Amelia !:
 

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Humain

Amelia St-James
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MessageSujet: Re: Once Upon A Time... Feat. Amelia
Dim 15 Sep - 20:42
@Amelia St-James a écrit:
Once Upon a Time

C’était peut-être trop intense? Peut-être que je m’exprimais avec un peu trop d’enthousiasme. J’étais sincère pourtant, je n’étais pas là pour lancer des fleurs au premier passant, mais vraiment, ce bonhomme m’impressionnait. Je vis son geste qui témoignait peut-être d’une petite gêne. Ouais bon, j’étais clairement trop intense. Je passais près de m’excuser quand finalement il répondit enfin. Sa réponse et sa grosse voix me fit sourire avec un amusement clair dans les yeux. Pas que je me moquais, mais ça m’amusait. Je m’accoudais au bar, posant mon coude contre le comptoir, prête à écouter tout ce qu’il allait à me dire, mais nous fûmes interrompus. Mon regard se braqua de suite vers les trois hommes qui entrèrent dans l’établissement. L’ambiance sembla changer du tout au tout. Les regards étaient sur eux, mais eux… eux leurs regards étaient sur Geralt. En s’approchant de lui, je me ramassais dans un cercle dans lequel je ne me sentais pas à ma place. Le type qui semblait en charge se tenait debout devant moi et même s’il ne semblait pas me voir, j’étais assez intimidée.

Puis j’assistais à un échange qui capta toute mon attention. Mon regard allant de l’un à l’autre presque involontairement. Comme si j’assistais à un match de ping pong. Mon regard restant sur Geralt lorsque sa voix fut plus dure, comme si je ne reconnaissais pas la bonne humeur qu’il avait eu plus tôt. Puis soudainement, il s’adressa de nouveau à moi. J’étais un peu perdue, je clignais des yeux quelques fois, réalisant qu’il tentait de reprendre la conversation là où elle s’était arrêtée. Maladroite un peu, je l’observais, l’écoutant du mieux que je pouvais, mais le dénommé Yves se trouvait encore bien droit près de moi. D’ailleurs ce dernier l’interrompit de nouveau. Je m’y attendais un peu, il n’avait pas bronché de près de moi. Puis les mots d’Yves me frappèrent aussi. River Market. Mon cœur se serra avec force. J’avais été profondément troublée par ce qui s’était passé là. C’était d’ailleurs pour cette raison que les filles avaient voulus sortir ce soir. Pour tenter de penser à autre chose. C’était la raison aussi pour laquelle j’étais restée en entendant Geralt. Parce que j’avais été capable de décrocher aussi. Mon propre regard devint un peu plus rempli de tristesse, juste à ces deux mots! Je tournais mon regard à mon tour sur Yves, observant un moment son visage, ses traits, son expression. J’écoutais de nouveau l’échange, mais mon regard resta un moment sur cet inconnu.

J’avais l’impression d’être là à écouter quelque chose qui ne me regardait pas. Mais plus que les mots, je ressentais l’émotion qui passait. Il avait de la tristesse, de la douleur. Cela me touchait profondément. Peut-être que j’étais trop sensible aussi. C’était une possibilité… mais autant ce que je ressentais du côté de Geralt que d’Yves… ça me faisait de la peine. Ma gorge se noua à les écouter. Mon cœur battait comme un dément dans mon cœur. J’étais une fille ordinaire qui avait peut-être beaucoup voyagé, mais ce qu’il disait, je ne connaissais rien de cela. La supplication d’Yves me donna presque les larmes aux yeux. Mon regard se tourna ensuite vers Geralt quand il me parla. Mes lèvres étaient étroitement serrées entre elles, je n’osais rien dire, rien faire. Comme si ce n’était pas réel ce qui se passait. Puis quand Geralt s’éloigna, je fus prise d’une espère d’impulsion, je me levais au moment où Yves pleura. Je m’arrêtais devant lui, je n’étais rien pour lui, on ne se connaissait même pas, mais je me permis de lever ma main pour serrer son bras en murmurant la voix tremblante.

‘’Je…Je suis vraiment désolée pour votre perte.’’

C’était sincère. Je me sentais mal de passer devant lui comme si de rien n’était. Je ressentais sa peine et même sans connaître cette fille, ça me faisait quelque chose. Juste le deuil. Je rattrapais ensuite rapidement Geralt, encore une fois comme si je n’étais pas dans la réalité, je m’arrêtais près de lui, j’avais marché rapidement pour le rattraper à l’extérieur en disant, le souffle court.

‘’Geralt… je… je sais que je ne serais pas d’une grande utilité, mais est-ce que je peux vous aider..? Je vous en prie, je… j’aimerais vous aider… Je me suis tellement sentie inutile depuis que c’est arrivé… Je sais que… je voudrais vous accompagner… s’il vous plait. ‘’

Ce n’était tellement, mais tellement pas de mes affaires! Mais mon intérêt était sincère. Qu’on le paie lui, tant mieux, mais moi, je voulais seulement être là. Quitte à n’être qu’un support moral ou… peu importe! Je n’étais pas un soldat, j’étais une étudiante. Je n’avais pas de passé lourd, je n’avais rien d’exceptionnelle. Outre ma volonté en ce moment.
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