Octobre 2019
Ne te retourne pas... [Feat Amelia]

Supernatural - Darkest Hour

Supernatural - Darkest Hour
 
Ouverture du forum!!! [10-23-2017]
Merci de privilégier les personnages importants de la série ainsi que les postes vacants.
Nous sommes à la recherche de Jody, Bobby et bien d'autres!
Pensez à voter pour les TOP sites, ça nous aide énormément à faire connaître le forum!
Nous avons ouvert une section rp délires. Ils n'affectent pas vos personnages. C'est ICI
Merci de privilégier les groupes Créatures, sorcier, expérimentations, anges disgracié et ange!

Ne te retourne pas... [Feat Amelia]

 ::  :: River Market Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Geralt Flintch
Geralt Flintch
Messages : 7
Crédit : 521
MessageSujet: Ne te retourne pas... [Feat Amelia]
Lun 16 Sep - 10:00
Ne te retourne pas...
       —Geralt… je… je sais que je ne serais pas d’une grande utilité, mais est-ce que je peux vous aider ? Je vous en prie, je… j’aimerais vous aider… Je me suis tellement sentie inutile depuis que c’est arrivé… Je sais que… je voudrais vous accompagner… s’il vous plait…

       Je ne m’attendais pas à ce genre de demande. Le bon sens aurait voulu que je refuse mais, probablement était-ce les effets de l’alcool ou un vain effort pour paraître calme, j’acceptais avec un grand sourire, faisant mine de ne pas être impacté par le cours des évènements. Le mensonge était grossier et insultait l’intelligence de mon auditrice mais, peut-être par empathie, elle ne me le fit pas remarquer.
       Je me rendais compte de mon erreur alors que j’étais en train d’essayer de trouver le sommeil dans un motel aux lits séparés. Je tournais et virais sur mon matelas inconfortable, rejetant la cause de mon insomnie sur un oreiller aussi plat que la poitrine d’une jeune adolescente.  La raison était pourtant beaucoup plus évidente : je venais d’embarquer une jeune fille dans une histoire glauque et très probablement dangereuse par simple égoïsme personnel et de surplus, nous nous trouvions désormais à quelques dizaines de kilomètres à peine de la zone sinistré. C’était déjà visible dû au fait nous étions les seuls à avoir une chambre et que le gérant des lieux semblait souffrir d’une paranoïa maladive quoiqu’expliquée. Amelia ne l’avait pas remarquée, mais j’avais très clairement vu l’homme pianoter sur le métal froid de son fusil de chasser accrocher sous son comptoir.
       Quoiqu’il en soit, je ne pouvais plus dire à la fille qui m’accompagnait de faire demi-tour. Je n’avais pas encore abordé les raisons qui l’avait poussée à prendre part à cette ‘’folle’’ aventure et je n’y tenais pas particulièrement. Je grommelais donc dans ma barbe en ne trouvant le sommeil qu’au petit matin, quelques minutes à peine avant que les oiseaux se mettent à chanter.

**************************************************

       Le trajet en voiture fut court. Le trajet était une véritable épreuve. Mon vieux 4x4 ne possédait pas de climatisation et les sièges étaient au moins aussi confortable que les matelas du motel. Il faisait chaud mais nous nous refusâmes à ouvrir les vitres du véhicule : l’air était lourd et empestait le brûlé. Nous savions tout deux la raison de cette étrange odeur mais nous ne le relevions pas, bien que nous étions dans notre déni. Rapidement, je sortais des voies communes pour emprunter de petits sentiers cahoteux qui nous secouaient dans tous les sens. Amelia rit de ce petit manège, tenta de faire une blague et se mordit la langue. Je ris à mon tour, tenta de faire une blague sur elle, puis me mordis la langue. Nous prenions la décisions de ne plus parler pour éviter ce genre de désagréments.

*****************************************************

       J’avais garé le SUV en haut d’une petite colline bien cachée derrière une armada de conifères. Le soleil tapait fort, l’air empestait une odeur que je ne connaissais que trop bien, et nous étions tous deux courbaturer de toutes parts en raison du trajet. J’entreprenais de masser mon fessier endolori et je me doutais qu’Amelia en fit probablement de même, mais de façon beaucoup plus discrète. J’ouvris le coffre du véhicule après m’être battu avec l’ouverture et en ressortait un sac de randonné et le drap enroulé que je me trimballais depuis hier. Lorsque ma compagne d’infortune me demanda ce qu’il contenait, je me contentais de répondre : ‘’Isabelle’’. Elle n’avait pas cherché plus loin pour l’instant.
       J’enfournais le sac et passais la bandoulière dépassant du drap par-dessus mon épaule et entreprit de marcher sur une petite centaine de mètres jusqu’à rencontrer un grillage haut de plusieurs mètres que je découpais minutieusement avec une pince à métaux pour nous frayer un passage. Je passais en premier. Je pouvais voir, au travers des arbres, les nombreux bâtiments en ruines qui avaient été rongés par les flammes. L’œil averti pouvait discerner avec un peu d’effort, de gros blocs ressemblant à du charbons un peu partout sur le bitume. L’œil encore plus averti, celui qui avait fait la guerre, devinait sans peine que ce n’était ni du bois, ni des débris… Mais des cadavres qui se ressemblaient tous, déformés par le feu. Il n’y avait pas encore de traces de ces fameuses femmes empalées mais selon les ragots, ils étaient plus loin, vers le centre. Mon cœur se mit à battre un peu plus fort à l’idée de mettre les pieds dans ce cimetière. Je fis volte-face pour poser mes yeux graves dans ceux d’Amelia. Je sortais de l’une de mes poches un beretta qui, j’espérais, aller la faire fuir.

       —Tu es toujours sûre de toi Miss ? Ce qu’il y a, au-delà de cette limite, je n’avais pas la force de continuer mon explication, je lui tendais l’arme, je veux tu prennes ceci. Normalement, il n’y a personne, mais… Au cas où… Tu enlèves la sécurité là, comme ça, puis là. Amelia ?


acidbrain

____________________________________________

"Je ne suis pas un héros, je ne l'ai jamais été et ne le serai jamais. Je suis juste un vieux tueur"
Revenir en haut Aller en bas

Humain

Amelia St-James
Amelia St-James
Messages : 52
Crédit : 802
Emploi/loisirs : Bibliothécaire/Étudiante en enseignement de l'histoire
MessageSujet: Re: Ne te retourne pas... [Feat Amelia]
Jeu 19 Sep - 9:55
[quote="Amelia St-James"]
Ne te retourne pas...

Je ne savais clairement pas dans quoi je m’embarquais. Je ne savais même pas pourquoi j’avais dit ça! Pourquoi je me mêlais d’une histoire qui ne me regardait absolument pas. Bon, en tant que citoyenne oui, mais sinon, je n’avais aucune raison personnelle de vouloir aller là. Puis, bon, c’était illégal techniquement. Je n’étais quand même pas assez idiote pour me dire que Geralt faisait dans le légal et tout ça. Surtout avec l’allure d’Yves et des types avec lui, ça n’avait pas l’air complètement net. Mais ce n’était pas grave, enfin, ça non plus ça ne me regardait pas. J’avais bien vu la peine que cela avait causée à Geralt, je ne croyais pas nécessairement à son sourire, mais je ne fis que lui retourner un faible sourire quand il accepta finalement que je l’accompagne.

Moi qui semblais assez bavarde, j’étais assez silencieuse. Surtout quand je me retrouvais dans un motel pour attendre le petit matin. Le lit était totalement inconfortable. Pourtant je ne bougeais pas. J’avais remonté la couverture mangée aux mites jusqu’à mes épaules. J’étais dos à Geralt que j’entendais beaucoup plus bouger que moi. Je n’arrivais pas à trouver le sommeil, même quand je fermais les yeux et tentais de me laisser emporter pour dormir. Finalement, je tombais dans cet espèce de demi sommeil étrange, sans savoir si je dormais ou si j’étais réveillée. Tout cela pour dire qu’au final, quand le petit matin arriva, j’étais assez réveillée. Je ne sentais pas la fatigue, mais je doutais que ça allait arriver plus tard. Bien plus tard.

***

Ce n’était toujours pas dans la voiture que je me sentis un peu fatiguée. On dirait que j’étais dans un manège tant que je me faisais balancer de tous les côtés par la route cahoteuse. Peut-être que j’eus un petit rire nerveux par cela. Je lançais un coup d’œil à Geralt qui conduisait en tentant de dire:

‘’Alors là, il faut vraiment un talent de fou pour être capable de –‘’

AIE! Ma langue! J’arrêtais ma phrase en plein élan en posant une main contre ma bouche, avec un visage qui trahissait mon amusement et aussi ma douleur. Lançant un regard un peu honteux alors que Geralt tentait de répliquer et le même sort lui arriva. Ayant un mince rire aussi, tous deux trouvions que le silence serait le mieux. D’autant plus que je ne voulais pas le déconcentrer dans un tel chemin.
     

***

Ce fut plus quand la voiture s’arrêta que je réalisais que mon cœur battait à tout rompre. J’avais même du mal à respirer. Ma main était crispée sur la poignée en fixant devant moi. Je n’avais sans doute même pas 3 heures de sommeil et pourtant on dirait que je venais de prendre 3 cafés de suite tant que j’étais réveillée. Enfin, j’étais nerveuse plutôt. Même avant de sortir, je sentais cette drôle d’odeur pestilentielle. Je me contrôlais pour ne pas grimacer. De toute façon, je respirais à peine on dirait. Je sortais de la voiture en réalisant comment j’étais courbaturée. En même temps que j’essayais d’évaluer si c’était le matelas du motel ou bien cette petite balade assez intense, je m’étirais un peu, subtilement hein. Même si Geralt en fit de même près de moi!

D’ailleurs, j’espère qu’il était prêt parce que là, c’est officiel, je n’allais pas le quitter d’une semelle. Je m’approchais de lui quand il fut devant son coffre de voiture. Je vis de nouveau le drap enroulé, curieuse et en me disant que c’était sans doute une arme quelconque, je lui demandais ce que c’était. Il me répondit un prénom. Honnêtement, je n’osais pas poser plus de question. Je me sentis étrangement vide en marchant près de lui. J’avais mon téléphone dans mes poches, il ne devait sans doute pas rester beaucoup de charge d’ailleurs, mais c’était la seule chose que j’avais en ma possession. Je jouais nerveusement entre mes mains. Mon propre silence me troublait, je sais que c’était un signe de nervosité. J’entrepris de réajuster ma queue de cheval alors qu’il découpait le grillage.

Et pour une énième fois, je me demandais : Qu’est-ce que je faisais là? J’allais clairement être un boulet pour Geralt qui semblait bien plus s’y connaître que moi!

On y était. Si je pensais que mon cœur battait fort, ce n’était rien au rythme qu’il avait en ce moment. J’avais l’impression qu’il voulait m’exploser de la poitrine. Alors que je regardais le paysage au loin, sans discerner ce que les yeux plus aguerris de Geralt voyaient. Jusqu’à ce que ce dernier se tourne vers moi. Il avait ce regard qui me faisait oublier le raconteur sympathique de la veille. Là, je voyais le passer dans ses yeux, l’expérience. Ce que je n’avais définitivement pas. Je soutenais cependant son regard, sans difficulté malgré tout mon corps qui me criait ma nervosité. Il sortit une arme de ses poches en retenant ma respiration. Okay, c’était pour moi ça? Bon, j’étais définitivement stupide de m’en être mêlé. Et je l’étais encore plus de continuer! Je pris l’arme en hochant simplement la tête à ses mots. Je n’étais pas sûre, mais je voulais continuer. Sans comprendre pourquoi d’ailleurs.

J’écoutais ses explications pour pouvoir utiliser l’arme avec attention, répétant même tout bas les étapes par la suite. Après avoir bien ancré le message dans ma tête j’hochais la tête lentement en retournant mon regard dans celui de Geralt en marmonnant tout bas.

‘’C’est bon. Je suis prête…’’

Bon, ça ce n’était pas brillant. Je n’étais pas la plus prête, mais je n’allais pas l’abandonner. Je voulais seulement aller au bout, je ne sais pas à qui je voulais prouver quelque chose, mais j’allais sûrement pas aimer ce que j’allais voir. Je le savais.
Revenir en haut Aller en bas

Geralt Flintch
Geralt Flintch
Messages : 7
Crédit : 521
MessageSujet: Re: Ne te retourne pas... [Feat Amelia]
Mar 1 Oct - 9:37
Ne te retourne pas...
       Après avoir échappé à la vigilance de quelques vigiles et contourner quelques équipes scientifiques qui commençaient à embarquer quelques cadavres parmi les centaines qui trainaient au sol, nous nous enfoncions, Amelia et moi-même, dans les rues ravagées de River Market. Je fus surpris du manque de personnel sur les lieux d’un sinistre aussi important. Probablement que la majorité des forces de l’ordre étaient justement aux trousses des malades qui avaient causés ce massacre car je n’avais aperçu pour l’instant que le minimum vital : des gratte-papiers, quelques détectives, des ‘’scientist’’ de la crim’ et un duo de soldat lourdement armé pour chacune de ces mêmes équipes ; probablement pour prévoir l’éventualité d’une nouvelle attaque.
   L’incendie avait fait des ravages et aucune habitations ne semblaient avoir été épargnées de même que leurs habitants. Cela avait l’avantage de nous épargner l’odeur du sang et des tripes au profit de celle de la chair brûlée. C’était carrément malsain de penser de cette manière, mais cela se rapprochait plus des fragrances d’un bon steak cuit à point ce que je préférais milles fois à celui des entrailles se répandant sur le sol.
   Il y avait de nombreux blocs noirs de tailles diverses et variées étendus dans les rues et les ruines. Des hommes, des femmes et des enfants si terriblement dévisagés par les flammes qu’ils en étaient totalement dépersonnifié. Si mourir brûlé vif était l’une des pires façons de finir sa vie, donnant au visage de votre corps une grimace grotesque, exprimant la souffrance insurmontable qui vous a emporté, les victimes de River Market nous épargnaient cette vision macabre ; ils étaient calcinés à un tel point qu’ils étaient plus proche du charbon que de l’être humain incendié… Cela rendait aussi leurs identifications impossible. Il n’y aura pas de corps à honorer pour les familles. Juste des cénotaphes à ériger pour ceux qui en auront les moyens.
   Sans me retourner, sans quitter la ruelle des yeux, je me raclais la gorge pour m’adresser à la fille qui m’accompagnait. Avait-elle seulement compris ce qui s’étendait au sol ?

   —Elle, Harmonie, possédait de nombreux bijoux. L’une de ses bagues, représentant deux serpents s’entrecroisant, sont ses armoiries familiales. Ce n’est pas le genre de bijou qui fond facilement. Si elle est parmi ceux-là, elle l’aura encore au doigts. Vér…

   J’hésitais un moment, puis décidais de ne pas continuer ma phrase. Je ne pouvais tout bonnement pas me résoudre à demander à cette fille, à priori innocente, d’inspecter la mort de prêt. De toutes manières, j’étais bien assez rôdé pour faire attention à ce genre de petit détail. Pour l’instant, je ne la voyais pas.
   Nous continuions notre bonhomme de chemin dans un silence de mort. Je voulais détendre l’atmosphère mais l’heure n’était pas aux blagues. Finalement, nous arrivâmes à un croisement. La mairie, bâtiment le plus imposant de River Market, cachait la vue du centre-ville. Lui aussi avait été rongé par les flammes comme en témoignait les nombreux trous dans les murs. Je m’apprêtais à continuer ma route, voir l’état du centre-ville qui était une grande place selon mes souvenirs, quand une voix autoritaire nous héla. Ma poitrine se serra. Inconsciemment, ma main gauche se posa sur le bagage dans mon dos. Un vieillard chauve et imberbe en uniforme de soldat s’avançait vers nous en marchant rapidement. Il avait une arme automatique à la main et bien qu’il fût clairement furieux son visage était livide et portait les traits d’une grande fatigue. Les traits de celui qui était en train de vivre l’horreur. Je connaissais ces traits. Je les avais au Vietnam.

   —Vous ! hurla-t-il à s’en décrocher la mâchoire. Putain de petits curieux ! Sadiques ! Curiosité morbide qu’est la vôtre ! Allez au diable ! Les dizaines que je chope cette semaine ! Ah ! Salopiauds va ! Je devrais vous aligner, là, tout de suite, comme indiqué sur les panneaux !

   Il s’avança dangereusement vers nous, prenant son arme en main. Quand il fut suffisamment près, il plissa les yeux et cracha au sol. Il lâcha son arme qui se mit à pendouiller autour de son cou, maintenue par la bandoulière de cuir.

   —Crénom de Dieu ! Geralt ! Fils de putain ! Qu’est-ce tu fous ici ? Et en charmante compagnie en plus ! ânonna-t-il, toujours furieux.
   —Albert. Vieux brigand. Toujours pas à la retraite ? J’ai cru que j’avais manqué ton enterrement depuis le temps.

   Je ne souriais pas. L’atmosphère était trop lourde pour se prêtais aux plaisirs des retrouvailles. D’autant qu’une légère brise ramena dans mes naseaux des odeurs désagréables. L’odeur du sang, des tripes, de la merde et de la mort.

   —Voici Amelia. Ecoute, vient au bar si tu veux fêter nos retrouvailles. Albert. J’ai besoin de passer…
   —Va te faire foutre Geralt. Que je sois damné si je te laisse passer. Le Vietnam, comparé à ce que tu trouveras là derrière, c’est d’la pisse de chat. Crois-moi. Tu veux y soumettre une morveuse en plus ? Ta petite fille peut-être ? Non. J’ai des ordres et j’ai ma retraite dans quelques mois.
   —Tu te souviens du Vietnam ?
   —Malheureusement, oui. J’aimerais oublier parfois.
   —Tu te souviens de cette fois où, toi, transpercer au bide par une baïonnette, tu hurlais ta mère ?
   —Je m’en souviens Geralt. Je m’en souviens.
   —Tu te souviens, quand je suis sorti de ma planque, que je t’ai traîné dans la boue, sous le feu ennemi alors que t’es tripes se répandaient au sol ? Que j’avais ton sang sur les mains ?
   —Je m’en souviens Geralt. Je m’en souviens.
   —Tu te souviens que je me suis prit une balle dans l’épaule à ce moment ? Simplement pour sauver un patriote que je ne connaissais même pas ?
   —Je m’en souviens Geralt. Je m’en souviens.
   —Tu te souviens des paroles que tu as dites alors que les toubibs te charcutaient de leurs outils crasseux ?
   —Je m’en souviens Geralt. Je m’en souviens.
   —Alors qu’à tu dis ?

   Il hésita, puis se mit à hurler

   —Maman ! Aide-moi maman ! J’ai mal maman !
   —Exactement. Tu avais chié dans ton froc en plus. Tu te souviens de ce que tu as dit après ? Ne fais pas semblant d’éviter la question.

   Il me fixa l’air grave pendant un long moment, se gratta derrière l’oreille. Il blêmit, s’écarta pour s’assoir sur tas de gravats.

   —J’ai dit, répondait-il, que j’avais une dette envers toi. Ok. J’ai compris. Ne m’attire pas d’ennui. Et ne viens pas te plaindre après. Fils de pute.

   C’était un fils de pute amical. Quoique je n’en étais pas certain. Je le remerciais en me promettant de lui payer un verre un de ces jours. Je rentrais ensuite dans le centre-ville. Je failli avoir un renvoi.


***


   Il y avait des poteaux, facilement une cinquantaine, plantés profondément dans le sol partout dans la place du centre-ville. Les poteaux étaient en bois, mais le bois était rouge tout comme les dalles qui tapissaient le sol. Le centre-ville pataugeait dans une mare de sang dont la vision dépassait l’imagination humaine. On aurait cru un de ces mauvais film d’horreur que l’ont regarde avec un sourire au coin des lèvres tant ils sont inutilement et ridiculement gore… Sauf que là… C’était la réalité. Chacun de mes pas étaient rythmés par le son de mes godasses heurtant le fluide vital des dizaines de personnes qui se tenait en haut des piquets. C’était le travail d’un sadique expert ; il n’y avait que des femmes de tout âge, la pointe avait été enfoncé dans leurs vagins et ressortait soit par leurs poitrines, soit par la bouche.
   J’inspectais les cadavres uns à uns. Parfois, les entrailles étaient expulsées et se retrouvaient au pied d’un des pieux. En fait, Albert avait eu raison, même moi, je ne plus me contenir ; je n’avais rien mangé mais je vomissais un bon coup, prit de nausées.
   Harmonie était là. Nue, transpercée par son intimité, tuée avec la plus grande des barbaries. Du sang coagulé s’était écoulé en masse de sa bouche, colorant son visage, son cou et ses seins de rouge. Je m’avançais, l’inspectant, refusant de croire qu’une fille aussi gentille et pleine de vie ait pu subir une telle atrocité. Non. C’était bien elle. J’hurlais. Pas un hurlement de désespoir ou de colère. Un hurlement de terreur. Horrifié, je reculais, glissais sur le sol humide de sang, tombais sur le fessier, reculais dans cette même position jusqu’à ce que mon dos rencontre un obstacle : celui de l’hôtel de ville.
J’avais peur. Une peur que j’allais apprivoiser dans les prochaines minutes car c’est ainsi qu’on m’avait formaté à l’armée. Mais là, en ce moment, j’avais peur. J’avais peur car je venais de comprendre que ce champs de la mort n’était pas le fruit d’humains. Il ne pouvait pas être le fruit d’un groupe extrémiste comme le gouvernement voulait nous le faire croire.
   Ce champs de la mort était le fruit des choses que l’ont ne veut pas voir. Le fruit des créatures qui se terre dans l’obscurité et dans l’oubli, absent de l’imagination. Ce champ de la mort était le fruit du surnaturel, des goules et des spectres. Ce champ de la mort n’était pas réel. Cela ne se pouvait.

   Une soudaine envie de prendre mon colt me traversa l’esprit. De me tirer une balle dans la tête pour sortir de ce cauchemar. Je pris ce que je cachais dans mon dos, retirer Elisabeth de sa couverture. Je serrais l’arme à feu de mes deux bras, tremblotants comme un enfant.  


acidbrain

____________________________________________

"Je ne suis pas un héros, je ne l'ai jamais été et ne le serai jamais. Je suis juste un vieux tueur"
Revenir en haut Aller en bas

Humain

Amelia St-James
Amelia St-James
Messages : 52
Crédit : 802
Emploi/loisirs : Bibliothécaire/Étudiante en enseignement de l'histoire
MessageSujet: Re: Ne te retourne pas... [Feat Amelia]
Dim 13 Oct - 15:20
Ne te retourne pas...

Bon, mon cœur ne se calmait pas du tout. Il battait au même rythme, ça me faisait presque mal. Tout comme ma respiration d’ailleurs. Je manquais clairement d’air, surtout quand nous devions éviter les gens qui surveillaient l’endroit. Je m’y étais attendu quand même. C’est sûr que ça n’allait pas être désert. C’était une zone encore dangereuse sans doute. Je suivais les instructions de Geralt à la lettre. Suivant ses pas du mieux que je le pouvais. Je me sentais tellement idiote de me dire que je tenais mon arme comme j’avais pu le voir dans les films et les séries. Ça montrait bien comment j’étais une pauvre idiote débutante. Au moins j’arrivais à le suivre et jusqu’à maintenant… je n’étais pas trop un boulet.

On dirait que tous mes sens étaient en alerte, mon cerveau avait du mal à gérer toutes ses choses. Mon regard tentait de tout voir pour ne pas me faire surprendre. J’écoutais tout ce qui était possible également. L’odeur était ce qui me marquait le plus. J’avais en tête tout ce qu’on avait dit de l’évènement et je me doutais…que ce que je voyais n’était pas seulement des objets brûlés au sol. Je le savais. Je tentais de l’ignorer le plus possible, mais c’était difficile. Je tentais de me concentrer sur Geralt et sur l’arme dans mes mains. Pourtant, même quand il s’adressa à moi, j’eus un mince sursaut, faisant quelques pas pour aller à ses côtés pour l’écouter attentivement. J’hochais la tête lentement, comprenant ce qu’il me disait. Okay, une bague avec des serpents. J’arrivais à souffler malgré ma gorge nouée

‘’Je… Si je la vois… je vous le dis…’’

J’arrivais même à avoir un mince sourire d’encouragement. Je ne sais pas comment je faisais. Je ne comprenais même pas comment j’avais la force de seulement sourire ! D’autant plus que nous avancions, plus je me disais que cet endroit qui m’était normalement familier était totalement un enfer. Je vivais près de cette ville depuis ma naissance et j’étais venu ici je ne sais combien de fois! La mairie, elle n’était même plus l’ombre de ce qu’elle avait pu être. Ça me faisait peur. Tout cela, soudainement, ça me terrorisait. Comment tout ça pouvait être possible? Puis nous fûmes arrêtés. Je me disais que c’était la fin de notre mission. J’eus une pensée pour Yves et je me sentis réellement mal pour lui. Non, il fallait qu’on trouve cette fille! Si on pouvait apaiser quelques personnes…Je me tenais près de Geralt sans pouvoir dire quoi que ce soit à toute cette quantité d’insultes. Justifiées bien sûr.

Puis sous mon incompréhension totale, les deux hommes se reconnurent. C’était quoi les chances? Je restais totalement silencieuse en les regardant se parler. Enfin… ça n’avait rien de quelque chose de civiliser, mais la situation ne se prêtait pas à un échange normal. Je ne fis qu’hocher la tête en direction du Albert en question. Ouais, j’étais clairement pas dans mon milieu normal. Ça devait se voir. D’ailleurs, Morveuse, ça m’allait plutôt bien à côté de ces deux vétérans. Je regardais de l’autre côté, vers notre direction. Mes mains se crispèrent sur mon arme. Je sens que j’allais en faire des cauchemars. C’était évident. Je vivais un peu ma peur en avance. Je retournai ensuite mon attention sur les deux hommes. Les écoutant attentivement avant de finalement suivre Geralt. Là. Là je me rendis compte que j’aurais mieux fait de ne pas le suivre.

***


L’odeur m’était arrivée avant la vision. J’avais l’estomac qui semblait vouloir se retourner. Ce n’était pas une odeur que je connaissais particulièrement, mais je savais que c’était le sang, les tripes. Ma vision se portait le plus loin possible et ce n’était que vision d’horreur. Je ne pouvais pas croire que je voyais cela pour de vrai. Que je marchais dans une quantité de sang tellement imposante que je sentais que ça collait à mes chaussures. Je me mis à trembler de partout. Je ne comprenais pas comment je faisais pour avancer. Mon regard se portait sur ses femmes qui avaient été si sauvagement tuées. Ce n’était pas possible. J’avais lu des histoires d’horreur, écouter des films d’horreur, la tête à moitié cachée dans la personne qui m’accompagnait. Mais là… là c’était réel. Je ne respirais plus, mais l’odeur était si forte qu’on dirait que je la goûtais. J’eus des hauts le cœur sans vomir. Mon corps semblait seulement vouloir s’éteindre devant tout cela. Geralt vomit près de moi et je le trouvais plus normal que moi qui étais tout simplement figée d’horreur. J’entendis le hurlement de Geralt alors qu’il examinait une jeune fille. Je vis sa bague. C’était bien elle. Je ne bougeais pas, j’allais m’enraciner dans le sol et mon eau serait le sang de toutes ses femmes autour de moi. Ça aurait pu m’arriver. Être au mauvais endroit, au mauvais moment, j’aurais pu être une de ses filles. Je tremblais comme pas possible.

J’étais dans le déni le plus total. Je sais que tout allait me retomber dessus une fois que je sortirais de cet endroit. J’avais eu peur en avance et je sais que j’allais totalement brisée par la suite. Je restais ainsi de longues minutes pendant que Geralt réagissait plus vivement que moi. J’aurais aimé. Ça aurait sorti un peu le méchant, mais non.

Je finissais par me tourner vers lui, le visage blanc comme neige en m’approchant lentement de lui. Je me penchais près de lui, sans le toucher pour ne pas me prendre un réflexe en pleine tête. J’arrivais à murmurer, oubliant de le vouvoyer par la même occasion.

‘’Il… Geralt… il faut repartir maintenant… On… On l’a trouvé… (Ça se voulait des paroles positives. On avait été capable de la trouver, maintenant on pouvait partir. On pouvait la reprendre et la rendre. Cette pauvre fille. Je le regardais, de mes grands yeux clairs et c’est là que je réalisais que je pleurais. Involontairement, sans me rendre compte, de grosses larmes coulaient sur mes joues) Je… je vais t’aider…tu as….juste à me dire… quoi faire…’’

Je n’étais pas plus solide parce que je ne réagissais pas autant. J’étais plus faible en fait. J’étais en train de repousser mon moment de douleur et de peur. Ça allait me marquer pour toute ma vie, je le savais pertinemment. Sauf que là, tout mon être voulait quitter ces lieux, d’autant plus que nous avions trouvé Harmonie. Il fallait juste…la prendre et partir. Oui.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Ne te retourne pas... [Feat Amelia]
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Sauter vers :
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Supernatural - Darkest Hour ::  :: River Market -